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Claude-Henri Grignon

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Claude-Henri Grignon, fils d'Eugénie Baker et de Wilfrid Grignon, médecin-vétérinaire, naquit à Sainte-Adèle en 1894. Après avoir fréquenté l'école de son village, il étudia pendant deux ans au Collège Saint-Laurent. On le confia ensuite aux soins de professeurs particuliers, qui lui donnaient des leçons à domicile. Le parcours de Grignon fut essentiellement celui d'un autodidacte. Lecteur vorace, il fréquenta assidûment les bibliothèques, à commencer par la bibliothèque de son père, et finit par acquérir une connaissance approfondie des lettres françaises et canadiennes, ainsi qu'une grande maîtrise de la langue française. Ses auteurs de prédilection, chez les Européens, furent Barbey d'Aurevilly, Giovanni Papini, Léon Daudet, Charles Péguy et surtout Léon Bloy. Ces écrivains, en plus de l'influencer par leurs styles et leur fougue, le confirmèrent dans son catholicisme et sa vision traditionaliste du réel.
 
Après la mort de son père, en 1915, Grignon entreprit une brève carrière d'agent des douanes à Montréal. L'année suivante, il se lança dans le journalisme à L'Avenir du Nord de Saint-Jérôme. En 1920, il devint membre de l'École littéraire de Montréal puis collabora, à partir de 1921, au Nationaliste d'Olivar Asselin. Ce dernier, par sa grandeur d'âme, sa haute intelligence, son amour de la langue française et son style combatif, exerça une influence décisive sur Grignon qui n'hésita pas à écrire, en 1937 :
Les années 1920-1930 furent des années d'intense création littéraire. Grignon publia cinq livres: Les Vivants et les autres en 1922 (un recueil d'essais très moyens, selon l'auteur lui-même), Le secret de Lindbergh en 1928 et, en 1933, ses deux livres les plus importants, Un homme et son péché et Ombres et clameurs. Le premier, un roman rédigé de main de maître, connut un succès immédiat. Le second ouvrage est un essai sur la littérature canadienne-française, une galerie de portraits élogieux rédigés en l'honneur de Jules Fournier, Lionel Groulx, Marie Le Franc, Harry Bernard et quelques autres. En 1934, Grignon fit paraître un recueil de nouvelles, Le Déserteur et autres récits de la terre et, deux ans plus tard, un essai intitulé Précisions sur « Un homme et son péché ». Durant ces années, il signa aussi une multitude d'articles dans plusieurs journaux et revues, dont La Minerve (1922), Le Matin (1923), Le Canada (1931), Le Petit Journal (1931), La Revue populaire (1931-1934), La Renaissance (1935), Bataille (1935) En Avant! (il fut directeur de la page littéraire de cette revue de 1937 à 1939) et Le Bulletin des agriculteurs (1941).

En 1935, Grignon fut consacré comme écrivain: on lui décerna le prix David pour Un homme et son péché. La même année, il accéda au poste de directeur-adjoint de la publicité au Ministère de la Colonisation. En 1936, il fonda les fameux Pamphlets de Valdombre, où se déploie véritablement son génie de prosateur. Pendant huit ans, il servit à ses abonnés une cinquantaine de pages véhémentes par mois, entreprise qui rappelle celle de Péguy et de ses Cahiers de la Quinzaine. Dans la première livraison des Pamphlets, en décembre 1936, Grignon avoua clairement ses intentions: « Je n'ambitionne qu'une chose: défendre la cause de la Vérité. Défendre la lumière. La lumière est une, perpendiculaire, brutale et foudroyante 4. » Valdombre fut lui aussi un, perpendiculaire, brutal et foudroyant, non à l'image de la lumière, mais de Léon Bloy, source fondamentale de son inspiration. Les Pamphlets traduisent l'obsession de Grignon pour la Vérité et la Beauté. Un tempérament si absolu prenait facilement la médiocrité en exécration; de là provenaient ses réactions violentes. Pamphlétaire né, ses exercices de démolition visaient souvent les écrivailleurs canadien-français dépourvus de talent et d'imagination, dont les récits ou articles étaient affligés de lourds défauts de syntaxes. Un autre de ses plaisirs consistait à dénoncer l'insipidité des bas-bleus et des feuilles littéraires bigotes. Rien ni personne n'était à l'abri des vociférations de Valdombre, qui ne craignait pas de s'attaquer aux éminences politiques et littéraires du Canada français. Ainsi les rédacteurs du journal Le Devoir (en particulier Omer Héroux et Georges Pelletier et, dans une moindre mesure, Henri Bourassa), Robert Rumilly, Louvigny de Montigny, Camille Roy, Hector de Saint-Denys Garneau et même Maurice Duplessis goûtèrent à la médecine de Valdombre. Mais le pamphlétaire des Laurentides ne se contentait pas de malmener les littérateurs et les politiciens de son pays: il s'acharnait avec la même vigueur sur les auteurs français. Veuillot, les Goncourt, Renan, Anatole France et bien d'autres subirent ses foudres. En cela, Grignon répétait les entreprises de démolitions bloyennes. Un des plus terribles pamphlets qu'il écrivit fut dirigé contre l'abbé Bethléem, gardien attitré de la morale littéraire. À la mort de l'abbé Bethléem, en septembre 1940, Grignon titra « Enfin! Il est mort! » 5. Redouté, Grignon l'était, et avec raison, ce qui lui valut le surnom de l' « ours du Nord ». Il fut aussi un observateur attentif des moeurs politiques canadiennes. Dans son article « Le Christ à Québec », il prévenait le gouvernement Duplessis des conséquences désastreuses de la loi sur les pensions de vieillesse. Il craignait essentiellement la destruction de la famille traditionnelle. On ne peut pas dire que Valdombre ne fut pas clairvoyant à ses heures.

En 1938, Grignon inaugura la série radiophonique les « Belles histoires des pays d'En-Haut » en adaptant sa nouvelle Le Déserteur avec l'aide de sa cousine, Germaine Guèvremont. L'année suivante, il réalisa pour la radio la première adaptation d'Un homme et son péché. On pourrait d'ailleurs adresser un reproche à Grignon: celui d'avoir étiré à l'infini l'intrigue d'Un homme et son péché. Si les adaptations pour la radio et la télévision furent réussies, on ne peut pas en dire autant des deux versions cinématographiques
6. Par ailleurs, bien que la popularité des séries radiophoniques et télévisées ait contribué à enrichir l'imaginaire canadien-français, il faut aussi en constater les effets pervers: le caractère proprement génial du roman est banalisé, et plus encore, le reste de l'oeuvre écrite de Grignon, spécialement les Pamphlets de Valdombre est aujourd'hui méconnu, voir ignoré.
 
En 1941, Grignon se lança en politique: il devint maire de Sainte-Adèle, et le resta jusqu'en 1951. En 1962, il fut reçu à la Société Royale du Canada et, en 1967, il devint Officier de l'Ordre du Canada. Claude-Henri Grignon est décédé le 3 avril 1976, à Sainte-Adèle.

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Voici l'oeuvre la plus célèbre de Grignon, qui a étè modifié pour creer un film (séraphin: un homme et sa péché)

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